Mythes sur les violences à caractère sexuel

Mythe / Préjugé Réalité
Il y a peu de chance qu’une personne de mon entourage ou encore, moi-même, subissions des violences sexuelles. Tout le monde peut subir une violence à caractère sexuel, sans regard au statut socio-économique, au style vestimentaire ou aux endroits fréquentés. 1 femme sur 3 et 1 homme sur 6 seront victimes de cette forme de violence au cours de leur vie.
Il est improbable qu’une personne que je connais, ou à qui je fais confiance, puisse commettre une violence sexuelle à mon endroit. La forte majorité (environ 80%) des violences à caractère sexuel sont perpétrées par une personne connue de la victime : connaissance, collègue, fréquentation, conjoint, ami, membre de la famille.
Les violences sexuelles ont lieu tard le soir, dans des lieux sombres ou isolés. Les violences sexuelles peuvent être commises à toute heure du jour ou de la nuit, se déroulent la plupart du temps dans des endroits privés, tels que l’appartement de l’agresseur ou de la victime.
Si une personne ne dénonce pas (ou le fait tardivement) la violence subie, il y a lieu de se questionner, à savoir si elle a réellement subi une violence. Seulement 10% des victimes dénoncent les violences sexuelles dont elles ont souffert et pour plusieurs raisons: crainte de ne pas être cru et d’être jugé; crainte de perdre le contrôle sur l’information diffusée ou dévoilée; crainte de la réaction de l’entourage; crainte de représailles provenant de l’agresseur ou de l’entourage; méconnaissance de ressources existantes; obstacles liés aux valeurs ou croyances culturelles; expérience antérieure de discrimination; réaction négative lors d’une première tentative de dénonciation; lourdeur des processus officiels. Sentiments de honte, d’humiliation, de culpabilité; difficulté à assimiler ou reconnaître la violence vécues.
Il est acceptable d’avoir une relation sexuelle avec une personne qui est en état de consommation ou inconsciente à cause des substances qu’elle a consommées. Être en état d’ébriété et d’intoxication ou inconsciente à cause des substances consommées invalide le consentement. La drogue du viol numéro un demeure l’alcool.
En l’absence d’une résistance claire de la part de la personne, il n’y a pas vraiment de violence sexuelle. Plusieurs éléments peuvent rendre difficile, voire impossible, de résister à un agresseur : la peur des représailles, la surprise, un état altéré par des substances, une éducation favorisant la passivité en cas d’agression.
Si la victime n’a pas une forte réaction émotive, c’est qu’elle n’a pas été victime d’une violence sexuelle, ou alors que l’agression n’était pas très grave. De la même façon que pour les autres expériences de trauma, comme le deuil, chacun et chacune réagissent de façon unique. Cette réaction ne reflète pas la gravité du geste subi ou de l’ampleur des conséquences sur la victime.
Si le récit présenté par la victime d’agression soulève des inconsistances ou des contradictions, c’est qu’elle n’a pas réellement été victime de violence à caractère sexuel. Plusieurs éléments peuvent altérer la mémoire: les émotions fortes, les mécanismes de défense, l’état de consommation au moment des faits, et le délai écoulé entre la violence et la dénonciation.
Les fausses plaintes sont nombreuses. Il n’y a pas de différence entre les crimes à caractère sexuel et les autres formes de crimes concernant le nombre de fausses plaintes. Croire que le nombre de plaintes frivoles ou abusives est fréquent, relève de préjugés inhérents à la culture du viol.
Une violence sexuelle peut être provoquée par une tenue vestimentaire ou une attitude aguicheuse. Toute personne est en droit de refuser une activité sexuelle, et ce, peu importe son habillement ou ses comportements. Il appartient à la personne qui entreprend les activités sexuelles de s’assurer de l’accord volontaire de l’autre et de cesser toute activité si le consentement n’est pas clairement présent. L’idée qu’une personne agit sous l’emprise d’une pulsion incontrôlable est un mythe. Les violences à caractère sexuel sont des actes de domination et de pouvoir d’une personne à l’encontre d’une autre.
Les agresseurs ont des problèmes de santé mentale. Les violences à caractère sexuel, étant des gestes de prise de pouvoir, sont stratégiques, réfléchies et calculées plutôt que d’être le fruit d’un esprit malsain.
Les violences à caractère sexuel sont sensationnelles, violentes, très visibles de l’extérieur. La plupart des violences sexuelles sont commises à l’abri des regards ou subtilement perpétrées, et ce, la plupart du temps, au moyen de la manipulation ou de la menace, et non pas de violence physique.